L’inflation gruge lentement mais sûrement le pouvoir d’achat des consommateurs. Ce phénomène affecte aussi les investisseurs : même si vos placements vous rapportent un certain rendement, leur valeur réelle — c’est-à-dire leur pouvoir d’achat futur — peut être diminuée si le rendement est inférieur à l’inflation. Face à ce constat, les actions se distinguent comme l’un des meilleurs outils à long terme pour préserver et accroître la valeur réelle du patrimoine.
Le problème des placements à taux fixe
Les placements à taux fixe, comme les obligations gouvernementales, les certificats de placement garanti (CPG) ou les comptes d’épargne à intérêt élevé, sont souvent perçus comme sûrs. En effet, ils garantissent un rendement nominal connu à l’avance et la protection du capital.
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Cependant, leur principal inconvénient est qu’ils ne protègent pas toujours contre l’inflation. Si le taux d’intérêt offert est inférieur au taux d’inflation, l’investisseur subit une perte en termes de valeur réelle.
Si un CPG rapporte 3 % par an, mais que l’inflation est de 4 %, votre rendement réel est de -1 %, ce qui signifie que votre pouvoir d’achat diminue chaque année.
Les actions : un actif qui s’adapte
Les actions représentent une participation dans des entreprises. Ces entreprises, pour préserver leur rentabilité en contexte inflationniste, peuvent souvent ajuster leurs prix à la hausse. Autrement dit, lorsque le coût des intrants augmente (matières premières, salaires, énergie), une entreprise peut hausser ses prix de vente pour maintenir sa marge de profit.
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La croissance des revenus de l’entreprise
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La hausse des bénéfices nets
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Une valeur boursière plus élevée
Ainsi, à long terme, les actions de sociétés rentables tendent à suivre — voire dépasser — l’inflation, générant un rendement réel positif.
Toutes les entreprises ne sont pas égales face à l’inflation. Certains secteurs démontrent une résilience accrue en période de hausse des prix :
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Consommation de base : nourriture, produits ménagers, soins personnels
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Énergie : pétrole, gaz, électricité
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Services publics : souvent indexés aux hausses de coûts
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Immobilier : entreprises foncières capables d’ajuster les loyers
Ces secteurs peuvent transmettre plus facilement les hausses de coûts aux consommateurs, ce qui leur permet de maintenir, voire d’accroître leur rentabilité dans un contexte inflationniste.
Investir dans les actions, c’est aussi bénéficier de la capitalisation des rendements : les gains réinvestis (dividendes, plus-values) génèrent à leur tour de nouveaux rendements. Ce phénomène, combiné à une croissance économique soutenue, permet à un portefeuille d’actions bien diversifié de croître de façon significative sur plusieurs décennies.
Historiquement, les marchés boursiers ont produit un rendement réel moyen de 5 à 7 % par année, après ajustement pour l’inflation, ce qui surpasse largement la majorité des placements à taux fixe.
Il est important de noter que les actions sont volatiles. Elles peuvent perdre de la valeur à court terme, surtout lors de périodes de récession ou d’incertitude géopolitique. Toutefois, pour un investisseur à long terme — comme quelqu’un qui prépare sa retraite dans 20 ou 30 ans — cette volatilité est le prix à payer pour obtenir un rendement supérieur.
Les actions offrent une protection naturelle contre l’inflation grâce à la capacité des entreprises à ajuster leurs prix, à maintenir leurs profits et à générer une croissance continue. Contrairement aux placements à taux fixe, qui peuvent voir leur rendement réel devenir négatif en période de forte inflation, les actions bien choisies et détenues à long terme permettent d’accroître le patrimoine net et de préserver le pouvoir d’achat dans le temps.
Pour toute stratégie d’investissement équilibrée, surtout en période de hausse des prix, inclure des actions demeure une décision judicieuse.