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Les frais cachés quand on achète une maison

Sep 28 / Jean-Sébastien Jutras
Vous avez négocié le prix, obtenu votre financement et signé la promesse d'achat. Pourtant, plusieurs acheteurs découvrent, souvent trop tard, qu'une facture d'achat de maison ne s'arrête pas au montant inscrit sur l'acte de vente. Entre les taxes municipales, les frais de notaire et les vérifications techniques, plusieurs milliers de dollars peuvent s'ajouter sans qu'on les ait prévus. Voici les principaux frais cachés à connaître avant de devenir propriétaire.

Temps de lecture : 5 minutes

Au-delà du prix affiché : les coûts qu'on oublie souvent

La plupart des acheteurs arrivent bien préparés à la table de négociation. On connaît sa mise de fonds, on a magasiné son taux hypothécaire et on a peut-être même prévu l'assurance prêt si la mise de fonds est inférieure à 20 %. Ce sont les dépenses attendues, celles qu'on retrouve dans presque tous les guides d'achat. Mais entre la signature de la promesse d'achat et la remise des clés, une série de frais moins connus s'ajoute, souvent sans qu'on les ait budgétés. Ce sont ceux-là qui font le plus mal, parce qu'ils arrivent au moment où le compte en banque vient déjà d'être sollicité pour la mise de fonds et le déménagement.

Les droits de mutation, la fameuse « taxe de bienvenue »

C'est probablement le frais le plus méconnu des nouveaux acheteurs, en partie parce qu'il n'est pas exigé le jour de la signature, mais plutôt quelques mois plus tard, par courrier de la municipalité. Le montant est calculé selon le prix payé ou la valeur marchande de l'immeuble, selon le plus élevé des deux, et il grimpe par paliers. Pour une propriété de 350 000 $, la facture peut facilement dépasser 3 000 $, et davantage dans certaines grandes villes qui appliquent des taux supérieurs pour les valeurs plus élevées.

Bonne nouvelle pour les personnes qui achètent une première propriété : le gouvernement du Québec a mis en place un nouveau crédit d'impôt remboursable pour l'accès à la propriété, applicable aux habitations acquises depuis le 1er janvier 2026. Concrètement, ce crédit rembourse 100 % des premiers 5 000 $ payés en droits de mutation, puis 25 % de la tranche suivante de 3 500 $, pour une aide maximale pouvant atteindre 5 875 $. Le montant diminue progressivement pour les propriétés dont la valeur dépasse 750 000 $ et devient nul à 1 000 000 $. Comme il s'agit d'un crédit remboursable, vous pouvez le recevoir même si vous n'avez pas d'impôt à payer. Les détails complets de cette mesure, incluant les critères d'admissibilité, sont présentés sur le site officiel du gouvernement du Québec. Ce crédit s'ajoute à d'autres outils déjà existants pour les premiers acheteurs, comme le CELIAPP et le régime d'accession à la propriété, mais il ne s'applique pas automatiquement : informez-vous auprès de votre notaire ou de Revenu Québec sur la façon d'en faire la demande.

Les frais de notaire, souvent sous-estimés

La préparation de l'acte de vente, la vérification des titres de propriété et l'enregistrement au registre foncier représentent des honoraires qui varient généralement entre 1 000 $ et 1 800 $, taxes incluses. Ce montant peut grimper si la transaction comporte des particularités, comme une servitude à clarifier, un solde de prix de vente ou une hypothèque à radier pour le vendeur. Demandez toujours une soumission écrite avant de retenir les services d'un notaire, afin d'éviter les surprises au moment de la signature.

Les inspections et vérifications techniques

L'inspection préachat, un incontournable

Comptez entre 500 $ et 900 $ pour une inspection en bâtiment complète, un peu plus si la propriété comprend une piscine, un puits ou une fosse septique. Cette dépense peut sembler superflue lorsqu'on est déjà pressé de finaliser l'achat, mais elle vous évite bien des mauvaises surprises. L'Organisme d'autoréglementation du courtage immobilier du Québec rappelle d'ailleurs qu'une inspection consciencieuse demeure la meilleure façon de vous protéger, particulièrement pour la structure, la toiture, la plomberie et l'installation électrique.

Les certificats et vérifications additionnelles

Selon le type de propriété, d'autres frais peuvent s'ajouter : certificat de localisation à jour, dont la mise à jour coûte généralement entre 800 $ et 1 500 $ s'il n'est pas récent, analyse de la qualité de l'eau pour un puits, inspection de la fosse septique ou vérification de la présence de vermiculite ou de pyrite dans certains secteurs connus pour ces problématiques. Ces vérifications ne sont pas systématiques d'une transaction à l'autre, mais mieux vaut les prévoir dans votre budget dès le départ plutôt que de les découvrir en cours de route, une fois la promesse d'achat déjà signée.

Les ajustements et frais liés au déménagement

Les ajustements de taxes avec le vendeur

Le jour de la signature, le notaire calcule les ajustements liés aux taxes municipales et scolaires déjà payées par le vendeur pour la portion de l'année suivant la vente. Vous devez rembourser cette part au vendeur, ce qui peut représenter plusieurs centaines de dollars selon la date de la transaction et le montant des taxes annuelles de la propriété. Le même principe s'applique parfois aux frais de copropriété déjà versés si vous achetez un condo.

L'assurance habitation et les frais de branchement

Votre prêteur exigera une preuve d'assurance habitation avant même la signature de l'acte de vente. À cela s'ajoutent les frais de branchement pour l'électricité, le câble, Internet et parfois le raccordement à l'aqueduc municipal, sans oublier les frais de déménagement eux-mêmes si vous faites appel à une entreprise spécialisée. Prenez aussi le temps de bien planifier votre budget global avant de vous engager : l'Autorité des marchés financiers propose des outils gratuits pour évaluer votre capacité financière réelle en tenant compte de l'ensemble de ces dépenses, et pas seulement du montant de l'hypothèque.

Se garder une marge pour les imprévus

Une fois les clés en main, d'autres dépenses suivent souvent de près : réparations urgentes révélées par l'inspection, changement de serrures, achat d'électroménagers ou petits travaux d'adaptation avant l'emménagement. Les experts recommandent généralement de conserver une réserve équivalant à 1,5 % à 4 % de la valeur de la propriété pour absorber ces frais de démarrage, en plus du montant nécessaire pour la mise de fonds et les frais de clôture.

Additionnés, ces frais cachés peuvent représenter de 2 % à 5 % du prix d'achat de la propriété. En les intégrant dès le départ dans votre planification budgétaire, plutôt que de les découvrir un à un pendant le processus, vous abordez l'achat de votre maison avec beaucoup plus de sérénité et vous évitez de puiser dans votre marge de crédit dès les premières semaines. Si vous achetez une première propriété, informez-vous aussi rapidement que possible sur le nouveau crédit d'impôt pour les droits de mutation : il peut faire une réelle différence dans votre coussin financier de départ.